Le peuple Imraguen : l’âme du banc d’Arguin

Les Imraguens sont un peuple de pêcheurs vivant en harmonie avec le banc d’Arguin depuis des siècles. Cette minorité ethnique mène une existence tranquille et atypique, mais aujourd’hui, son patrimoine dépend de la survie du banc !

Le patrimoine des Imraguens

Leurs origines
Les Imraguens constituent une minorité ethnique de la Mauritanie, vivant principalement de la pêche sur la côte nord du pays, au banc d’Arguin. Ce peuple était à l’origine des Bafours, avant de se mêler aux Berbères au XIVe siècle et aux tributaires (esclaves) des Maures au XVIIe siècle. Leur tâche était de pêcher le mulet entre octobre et février au banc d’Arguin. La pêche est alors devenue leur mode de vie et le banc d’Arguin leur lieu de vie… leur patrie.

Leur mode de vie
Cette entité ethnique était essentiellement nomade, se déplaçant le long de la côte et installant leurs campements en fonction des pêches. À partir du XXe siècle, ils se sont peu à peu sédentarisés, devenant bergers lorsque la saison du mulet touchait à sa fin. Les femmes séchaient également une partie des poissons pour la nourriture.

Leur technique de pêche
Avant les années 30, les Imraguens utilisaient encore exclusivement une technique de pêche très particulière, consistant à siffler pour que les dauphins à bosse (également les dauphins tursiops) s’approchent du rivage, entraînant avec eux les bancs de mulets. Ils n’avaient alors qu’à entrer dans l’eau et jeter leurs filets. Puis, ils rabattent les mulets avec un bâton pour les mener dans les filets. Depuis environ 80 ans cependant, ils se servent également de bateaux à fond plat et à voile latine appelés « lanches », rappelant les îles Canaries.

L’avenir des Imraguens

Vivre en harmonie avec le parc du banc d’Arguin
Ce peuple ainsi que leur habitat étaient jadis menacés par la surpêche industrielle et la pêche aux requins. Heureusement, l’État avait créé le parc national du banc d’Arguin dans les années 70 pour protéger cet écosystème d’importance nationale, voire planétaire. Les Imraguens sont peu nombreux : un peu plus d’un millier d’individus ! Ils sont les seuls à avoir le droit de pêcher dans ce sanctuaire de la vie marine, mais de manière traditionnelle et strictement réglementée. Toutefois, ils arrivent à s’en accommoder.

S’adapter aux changements
À part la pêche, les Imraguens élèvent des camélidés, vendent du poisson en ville et tirent ce qu’ils en peuvent de la brousse. Ils sont aujourd’hui partagés entre quelques villages le long de la côte (entre Nouadhibou et Nouakchott) et habitent dans de fragiles baraques de bois. Leur plus grande difficulté est de s’adapter aux lois imposées dans leur lieu de vie devenue parc national. En exemple, l’ensemble du peuple n’a droit qu’à un nombre infime de véhicules pour éviter la pollution et le pillage.

Faire face aux conséquences de l’exploitation du pétrole
En plus des restrictions qui s’appliquent au parc et de la fragilité de celui-ci, l’exploitation du pétrole au large de Nouakchott, proche de la limite sud du banc d’Arguin constitue également une menace pour les Imraguens. La zone protégée pourrait être restreinte aux dépens du pétrole, et la conservation de la faune privilégiée aux dépens des hommes. Le patrimoine immatériel de ce peuple pourrait alors disparaître sans davantage d’engagements de la part du Gouvernement.

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