Archives du mot-clé désert

    Comment le Sahara vert a disparu il y a près de 8000 ans ?

    Au milieu du XIXe siècle, lors d’un trajet entre Tripoli et Tombouctou, l’explorateur allemand Heinrich Barth découvrit des peintures et des gravures sur rochers figurant des scènes de chasse et des animaux. Ces traces, datées d’il y a 11 000 à 5 500 ans, démontrent qu’à cette époque le Sahara était bien différent d’aujourd’hui. Effectivement, une végétation tropicale et de fleuves recouvrait le désert actuel : le Sahara était « vert ». Cependant, il y a environ 5 500 ans, la région a connu une aridification extrêmement rapide, laissant la place au désert tel que nous le connaissons aujourd’hui. Une équipe internationale, dont fait partie Thibaut Caley, du laboratoire EPOC (CNRS et université de Bordeaux), a mis en évidence le rôle d’une baisse des températures dans les hautes latitudes de l’hémisphère Nord dans la disparition du Sahara vert.

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    L’Amatlich : un erg datant de 25 000 ans

    Introduction

    Dès – 30 000 B. P. s’est établi sur le Nord-Ouest de l’Afrique un ensemble de hautes pressions qui a généré des vents dominants (alizés continentaux) NE-SW. Ces vents puissants ont provoqué une brusque extension du Sahara vers le Sud.
    Ce sera tout d’abord (- 30 000 B. P.) la période de l’Inchirien, puis de – 22 000 B. P. à – 15 000 B. P. (7 000 ans durant), celle de l’Ogolien (défini par Elouard, 1959). Ce flux NE-SW construira de vastes ensemble dunaires : Azefal, Akchar, Amoukrouz,…mais aussi des ergs secondaires tels que l’Amatlich.
    On se rapportera aux 3 cartes établies par Rognon, 1980 (cf. Fig 2, Travaux Rognon, 1980)

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    Récit : méharée de Chinguetti au Banc d’Arguin

    Soudain, un flash argenté sur ma gauche. Entre les deux dernières dunes, je l’ai vue, l’espace d’un instant, sans trop y croire à force de l’avoir imaginé. La minute est savoureuse, je prends mon temps et réajuste mon chèche, comme avant une rencontre solennelle. Quelques pas encore, pour atteindre le sommet de cette fameuse dune, et sur la platitude infinie, je découvre enfin la Baie de Saint Jean, nappe de mercure immobile et aveuglante. Le soleil commence à descendre de son zénith impitoyable et gagne l’ouest, m’aveuglant comme il le fait chaque après-midi depuis trois semaines. La minute est essentielle, elle a nécessité 500 km de marche. Cinq cent fois mille mètres de marche, pour les 21 bipèdes et les 33 quadrupèdes qui constituent notre caravane. Que d’efforts pour voir la mer !

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