Histoire de la Mauritanie

Histoire de la Mauritanie

État récent, la Mauritanie voit son nom apparaître officiellement à la fin de l'année 1899. Avant que l'on ne parle de Mauritanie occidentale et d'indépendance, la Mauritanie, a de tout temps été une terre de brassage ethnique et d'échanges entre civilisations. Passerelle commerciale entre le monde arabe et celui d'Afrique noire, son histoire explique sa culture arabo musulmane quelque peu originale.

L'origine de la Mauritanie

Les premières traces de présence humaines en Mauritanie datent d'il y a environ 600 000 ans (période du Paléolithique inférieur). Certains outils retrouvés permettent de définir certains individus comme des berbères nomades et éleveurs. Le manque d'éléments, malgré des études poussées, ne permettent pas d'en savoir davantage sur le mode de vie de ces civilisations. Néanmoins, il est possible de remonter jusqu'à 6 000 ans av.J.-C. On sait que la Mauritanie bénéficiait alors d'un climat humide entrecoupées de périodes plus sèches. Ce climat plutôt favorable a attiré de nombreux animaux : éléphants, hippopotames, girafes ou encore antilopes peuplaient les terres mauritaniennes. Aux alentours de la période Néolithique (8000 ans avant l'ère chrétienne), on enregistre l'arrivée d'une populations noires de chasseurs venue du sud profiter du gibier abondant et pêcher les poissons et coquillages aux abords des lacs intérieurs et de l'océan. Ces populations pourraient être les ancêtres des Soninkés présents en Mauritanie et au Mali. On conserve encore une trace de ces hommes grâce notamment aux peinture rupestres. Avec la découverte de la céramique, les hommes vont petit à  petit se sédentariser jusqu'à devenir éleveurs de bovins. Les outils évoluent et l'on voit apparaître des armes plus efficaces pour la chasse vers 2000 ans av.J.-C. Le climat lui aussi évolue. La sécheresse et le désert gagne du terrain au nord. Des hommes venus d'Afrique du Nord arrivent alors avec leur chevaux et caravanes. Les chevaux seront rapidement remplacés par les chameaux, beaucoup plus résistants aux conditions difficiles qu'offre le désert. C'est au début de notre ère que les hommes font la découverte des mines de cuivres d'Akjoujt. Ils peuvent alors fabriquer des armes et outils plus efficaces. Parmi les populations dans l'Antiquité, on enregistre aussi les Peuls. Probablement arrivés de l'est pour s'installer au sud du Sahara, les Peuls ont laissé quelques héritages, notamment leur langue aujourd'hui parlée par les Toucouleurs.

Au prémices de l'ère chrétienne

Avec l'avancée pressante du désert, les populations alors formées de Noirs et de Berbères vont petit à petit se séparer : les Noirs migrent vers le sud tandis que les Berbères préfèreront le nord.

La région sous deux influences

L'empire du Ghana, fondé au 4è siècle par les Bèrbères, est devenu un important territoire notamment grâce au commerce transsaharien des esclaves, du sel et de l'or. Au 8ème siècle, le sud de la Mauritanie se trouve encore sous la domination de l'empire du Ghana qui s'étend du delta intérieur du Niger jusque dans la haute vallée du Sénégal. La capitale du Ghana qui est aujourd'hui Koumbi-Saleh est située au sud-est sur les terres actuelles mauritaniennes. Au nord, les conquérants arabes ont pris les terres berbères. La zone est intégrée au Magreb et on assiste à la création d'entités politiques indépendantes. Bien que les deux régions soient très actives et bien organisées, il n'y existe encore aucun contact entre les deux. Ce n'est que plus tard que les Almoravides (dynastie berbère sanhajienne) tentent de conquérir le Sahara occidental et d'y importer l'Islam. C'est ainsi qu'ils prennent connaissance du grand empire de Ghana. Les expéditions des arabes se succèdent vers le sud jusque l'oasis d'Aoudaghost qui se voit alors en plein essor. Les demandes en matières premières se développent et le commerce transsaharien devient de plus en plus régulier. Les Noirs de Ghana et les Berbères se rencontrent alors à Awdaghost où ils échangent de l'or contre du cuivre, de l'argent et autres produits artisanaux. Le déclin de l'empire du Ghana ne se fait pas attendre et en 1076, la capitale Koumbi Saleh arrive aux mains des Almoravides. La région auparavant habitée de berbères Sanhadja se voit accueillir de plus en plus de marchands du Maghreb et l'Islam s'implante naturellement au sud du Sahara, y compris auprès des populations négro-africaines.

Arabisation et Islamisation

Vers 1400, la Mauritanie enregistre une seconde vague d'arabisation. Les tribus berbères tombent sous les tribus Hassanes venues de Haute-Egypte et impose leur langue, le hassaniya, que l'on entend encore de nos jours. La pratique de l'Arabo-Berbère démontre l'arabisation du territoire mais le pays est difficilement dirigé par les émirats Hassanes. Il s’en suit des conflits incessants jusqu’au 19ème entre les différentes tribus arabes et berbères. Au delà des conflits, les arabes se sont mélangés à la population d’origine berbère ou noire, constituant au fil des siècles le groupe aujourd’hui majoritaire en Mauritanie, les Arabo-berbères ou Maures. Ils font de Chinguetti une ville sainte, d'où partent les pèlerinages pour la Mecque. Scientifiques et religieux s'y rendent et alimentent sa bibliothèque, encore célèbre de nos jours. La grande influence de la ville pousse à nommer le pays Chinguit. La zone de Chinguit déterminera plus tard les frontières de la Mauritanie. Par convoitise, les Maures sont confrontés à l'envie d'invasion des royaumes noirs voisins. El Hadj Omar, chef de guerre auprès des Maures instaure l'islam comme religion d'État au 19ème siècle. Les Maures, fatigués des combats ethniques et raciales, finissent par abdiquer face aux Français arrivés du Sénégal.

L'arrivée des Européens.

Le premier Européen à mettre le pied en Mauritanie semblerait être le navigateur Portugais Nuno Tristao en 1443. Débarqué sur la baie d'Arguin, les Portugais y implantent un comptoir pour le commerce de l'or, de la gomme d'arabique et d'esclaves. La position stratégique de l'île attire la convoitise des Anglais, des Hollandais puis des Français qui finissent par s'y établir en 1664. Alors installé au Sénégal, depuis 1638, les français vont profiter des conflits raciales existants avec les émirats Hassanes, les Maures et les tribus noires voisines. En 1905, la Mauritanie devient un territoire français et cette terre de nomades se voit attribuer des frontières. Pourtant, les tribus R'gueïbalt et Oula Bousbah résistent aux français mais finissent par abdiquer en 1934. En 1936, la quasi totalité du territoire se trouve sous l'occupation française.

La Mauritanie, un territoire d'Outre Mer ?

Suite à la promulgation de la 4ème Constitution française du 27 octobre 1946, la Mauritanie se voit attribuer le statut de territoire d'Outre-Mer. Horma Ould Baban, alors député mauritanien entre à l'Assemblée nationale française. Il finira par s'exiler au Maroc pour y fonder l'Armée de la libération nationale.

La Mauritanie indépendante

En  1955, le Maroc revendique le territoire mauritanien mais la loi Defferre offre en 1956 l'autonomie au pays. Des conflits éclatent l'année suivante entre l'armée française et l'Armée de libération nationale de l'ex-député Horma Oul Babana. En 1958, Mohamed V, le roi du Maroc, revendique officiellement la Mauritanie avant que Moktar Ould Daddah, alors président du gouvernement provisoire, proclame l’indépendance de la République islamique de Mauritanie le 28 novembre 1960 faisant cesser ainsi toute convoitise. Moktar Ould Daddah est élu premier président de la Mauritanie un an plus tard. Le pays entre à l'ONU, Moktar Ould Dabbah est réélu en 1966 et le Maroc reconnait officiellement la Mauritanie en 1969. Le nouvel Etat est une fois de plus confirmé lorsque la Mauritanie quitte le Franc pour l'Ouguiya, une monnaie nationale.

Des coups d'États à la démocratie

En 1975, l'Espagne quitte enfin le Sahara occidental qui est désormais partagé entre le Maroc et la Mauritanie. La nouvelle région (13ème région) alors créée fait l'objet d'une revendication d'état indépendant par le Front Polisario. Celui-ci lance des raids meurtriers dans toute la Mauritanie jusqu'à Nouakchott, la capitale. Entre temps, la sécheresse qui touche le pays apportent d'autres troubles intérieurs. Les éleveurs, ouvriers, étudiants manifestent en nombre. Moktar Ould Daddag fini par être déposé par un coup d'État mené par le lieutenant-colonel Mustapha Ould Saleck, le 10 juillet 1978. Emprisonné puis libéré après un peu plus d'un an, l'ancien Président est contraint à l'exil. Les nouveaux dirigeants du pays vont rapidement atténuer les conflits avec le Front Polisario et signent un cessez le feu. En signant l'accord d'Alger avec le Front Polisario en aout 1979, les dirigeants mauritaniens renoncent à la 13ème région. Entre 1978 et 1984, la vie politique mauritanienne connaît plusieurs troubles dont des tentatives vaines de coups d'État. Le 12 décembre 1984, le colonel Maaouya ould Sid Ahmed Taya, ancien premier ministre et ministre de la défense, s'installe à la tête de l'État à la suite d'un coup d'État non meurtrier. Il instaure une certaine forme de démocratie encore jamais vue dans le pays.

Troubles et affrontement raciaux

Les conflits connues entre les Maures et les Négro-africains n'ont pas cessé. En 1989, de terribles affrontements éclatent faisant de nombreuses victimes dans les deux clans. La Mauritanie et le Sénégal qui entretenaient alors de bonnes relations diplomatiques ferment leur frontière commune. Il faudra attendre 1992 pour que celle-ci s'ouvre de nouveau. Le 20 juillet 1991, une nouvelle constitution est signée par le colonel Taya favorisant la liberté de la presse et autorisant le multipartisme. En 1992, un nouveau président Maaouiya ould Taya est élu démocratiquement à 62% des suffrages. Les relations diplomatiques internationales de la Mauritanie sont aux beaux fixes et le pays semble être politiquement stable en comparaison de ses voisins de l'Afrique de l'Ouest. En 1999, la Mauritanie montre son soutien à Israël et se classe parmi les 3 seuls pays arabes à reconnaître Israël après la Jordanie et l'Egypte. Ce fait récent apporte une certaines agitation auprès de la population qui soutien davantage la cause des palestiniens. En juillet de la même année, la Mauritanie rétablit l'obligation du visa pour les français. Son éloignement avec la France et son rapprochement avec Israël attise les États-Unis qui commencent à s'intéresser de près à la Mauritanie et s'empressent de signer d'importants accords commerciaux.

La Mauritanie du 21ème siècle

La Mauritanie va connaître de nouveaux coups d'États dans les années 2000. En 2003, la tentative de prise de pouvoir par Saleh Ould Hanana, va ébranler le pays. Plusieurs autres tentatives et mouvements sociaux vont, jusqu'en 2005, secouer le pays jusqu'à ce que le colonel Ely Ould Mohamed Vall renverse le président Maaouiya ould Taya. Son objectif premier est de ramener le pays sur le chemin de la véritable démocratie et de cesser les dérives totalitaires. En 2006, un référendum propose plusieurs lois dont celle d'interdire un chef d'État à rester plus de deux quinquennats au pouvoir et à rester en fonction au delà de 75 ans. Les promesses des autorités sont tenues lorsque le 25 mars 2007, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est élu Président de la Mauritanie à 52.85% des suffrages. Conformément à ses engagements, le colonel Ely Ould Mohamed Vall ne s’est pas représenté. En avril, l’Union Africaine réintègre la Mauritanie, momentanément exclue après le coup d’État de 2005. Des membres du parti islamique modéré rejoignent pour la première fois le gouvernement en mai 2008.
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