Le méga cordon de Zarga, témoin d'une période glaciaire

Le méga cordon de Zarga, témoin d'une période glaciaire

Le méga cordon de Zarga, témoin d'une période glaciaire

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Montagnes5 min de lecture

Découvrez le cordon de Zerga en Mauritanie, un immense esker façonné par les anciens glaciers. Entre géologie, biodiversité et paysages étonnants, ce site révèle les secrets d’un passé glaciaire.

Article et croquis par  ©Bruno Lamarche - Détours Mauritanie Voyages

A la fin du Précambrien, il y a 540 millions d’années (Ma), la disposition et l’emplacement des continents étaient très différents de ceux que nous connaissons aujourd’hui.

En bref, la portion continentale, qui sera l’Afrique de l’Ouest, se trouvait à proximité du pôle Sud couverte d’une épaisse couche de glace.

    Le méga cordon de Zarga, témoin d'une période glaciaire   

Tout comme l’actuel continent antarctique, l’Afrique de l’Ouest était alors surmontée d’un grand  inlandsis, glacier d’une épaisseur moyenne de 2 km.

L’écoulement de ce glacier gigantesque était régulier et l’érosion engendré par son poids, considérable.

Sous l’inlandsis, circulaient les eaux de fonte (saisonnière) qui, depuis la surface, parvenaient au fond, au contact de la roche, par les “moulins” glaciaires et leurs chenaux multiples qui se rassemblaient en divers torrents sous-glaciaires de fortes dimensions à la grande puissance érosive.

L’érosion engendrée par la calotte galciaire dans son ensemble, et les torrents sous-glaciaires, produisait des masses considérables de débris de taille variable (sables, graviers, galets, blocs).

Lors du recul, puis de la disparition du glacier, ces moraines (de fond, frontale, latérales)  restèrent sur place, tout comme celles constituées par les circulations (hydrographie) sous glaciaires, et apparurent à l’air libre.

  Le méga cordon de Zarga, témoin d'une période glaciaire  

Les dépôts abandonnés par le glacier présentent des aspects très divers :

  • pour les torrents sous-glaciaires, ce sont les “eskers”  (de l’irlandais escir), collines très allongées et plus ou moins serpentiforme.

  • pour les circulations annexes : les drumlins (de l’irlandais druim) collines allongées, les kames (de l’écossais kame), buttes de dimensions et formes variables.

Des dépressions diverses sont également observables : lacs, marmites (ou kettle -anglais = chaudron).

Bien évidemment, l’importance de ces dépôts est en rapport direct avec l’épaisseur du glacier qui les surmontait et les a produits.

Les dimensions considérables du cordon de Zerga (50 km de long, hauteur moyenne de 100 m) expliquent le terme de “méga-cordon” employé par M. Deynoux (1980) : c’est un esker géant mais il provient de l’activité d’un inlandsis et non de celle d’un glacier de montagne.

Le cordon de Zerga forme un ensemble très remarquable (vue aérienne réalisée par M. Deynoux, vers le Nord : on distingue le Guelb er Raoui (montagne du mouflon) et le sommet Nord d’El Ateg-, et 6 -vue vers le Sud-).

  Le méga cordon de Zarga, témoin d'une période glaciaire  

Mais cet esker géant n’est pas le seul en Afrique de l’Ouest ni même dans l’Adrar T’mar.

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On peut ainsi observer diverses formations du même type, mais d’ampleur moindre, et parfois tronçonnés,...nous citerons, pour les plus évidents :

  • 75 km à l’Ouest, le cordon de l’oued H’Nouk,

  • 90 km à l’Est, l’ensemble nommé Herrour, à proximité immédiate de la petite palmeraie de Tanouchert,

  • 60 km à l’Est de Wadan, dans l’Est du puits Hassi Thiba, au voisinage de l’ermitage de Cheikh Md Fadel, les tronçons d’un esker (sans doute fragmenté par le bombement du Guelb er Richat) s’observent sur le flanc du Rich Serize et s’étirent au Sud-Est jusqu’à la bordure du Taguenzé.

Bien plus au Sud, en dehors de l’Adrar T’mar, dans les Hodh, 12 km au NW de Tichit, c’est le grand cordon de Kheneg ed Deheb et 35 km au NW de la même localité, celui du puits de Zig, très caractéristique...

On en observe, également, sur le Hank, bien loin au Nord-Est.

Rien de très étonnant à cela, car l’inlandsis  recouvrait l’essentiel de l’Afrique de l’Ouest !

La forte hétérométrie (sable fin, sable grossier, graviers et galets, parfois blocs) du grès qui constitue ces eskers entraine des formes d’érosion particulières et caractéristiques.

Ainsi la crête de Zerga est fort découpée et se présente comme un lacis de couloirs serpentant entre des piliers de dimensions variées, véritable labyrinthe qui a amené Théodore Monod à baptiser cette formation “grès à corridors”.

Biologie spécifique du cordon de Zarga :

Ces corridors et grottes (excavées dans les piliers) abritent de très nombreuses espèces végétales et animales qui trouvent là (pour vivre et s’y reproduire) une protection efficace contre une évaporation excessive (soleil, vent) et ne s’observent guère alentour. On note, entre autres :

Les végétaux :

  • Lavandula coronipifolia,

  • Corbichonia decumbens,...

Les animaux : 

  • Invertébrès : i

    • Insectes, la liste est longue :

      • coléoptères,

      • lépidoptères...

    • arachnides,...

 

  • Vertébrès : 

    • Reptiles (lézards et serpents, dont Malpolon moilensis, Couleuvre de Moïla), 

    • Oiseaux nicheurs :

      • Hirundo rupestris, Hirondelle de rochers

      • Falco biartmicus, Faucon lanier

      • Bubo ascalaphus, Grand duc ascalaphe,…

    • Mammifères

      • Rhinolophus et Epseticus , Chauve-souris

      • Mellivora capensis, Ratel

      • Canis aureus, Chacal doré

      • Felis libyca, Chat des sables

      • Fennecus zerda, Fennec

      • et dans un Passé plus lointain Ammotragus lervia, Mouflon (d’où l’appellation du sommet Guelb er Raoui = Guelb du mouflon).

Géologie

Centre d’intérêt proche:

  1. 12 km au SW du Guelb er Raoui, Gleib ou Hofrat Aouelloul, un astroblème (cratère météoritique) de 250-300 m de diamètre aux abords duquel ont été trouvés de nombreuses impactites (goutes de roche fondue se présentant sous la forme d’un verre gris verdâtre et bulleux rfenfermant de la kamacite -minéral météoritique-). Cet astroblème a été découvert par Pourquié, J. Gallouédec et Th. Monod.

  2. A 30 km dans l'Est-Sud-Est d'Aouelloul se trouve le Guelb Aouinet, promontoire gréseux au sommet plat qui fut reconnu en 1986 par Th. Monod comme le relief sur lequel, le capitaine Gaston Ripert, découvrit en 1916 la fameuse “météorite de Chinguetti”. 

Celui-ci déclara que sa découverte (une météorite véritable) se trouvait posée sur une immense météorite de fer, ce qui déclencha pendant de nombreuses années une véritable chasse à l'objet. Il est vrai que lorsqu'on observe le guelb au bon endroit celui ci apparaît avoir un aspect bleuâtre et métallique. Ce sont des coulures d'oxyde de fer sur les grès qui donnent cet aspect. 

La vaste plaine qui s'étend du cratère au guelb Aouinet n’est pas non plus sans 'intérêt. Plusieurs petites dépressions circulaires, de quelques mètres de diamètre, remplies de sable, font penser à de micro-cratères, non visibles sur les photos aériennes.

Cependant, au lever du jour, lorsque la lumière est rasante et les ombres portées fortes, les zones dépressionnaires apparaissent plus marquées et l'aspect cratériforme avec parfois un micro bourrelet périphérique plus net. Affaire à suivre.

Conclusion / Intérêt :

  • Climats passés

  • Taille considérable de l’esker

  • “Grès à corridors” érosion particulière

  • Intérêt Flore et Faune

  • Intérêt géologique Hofrat Aouelloul et Guelb Aouinet

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Questions fréquentes

Le méga cordon de Zarga est un esker géant situé dans l'Adrar mauritanien. Long de 50 km et haut en moyenne de 100 m, il s'agit d'un dépôt glaciaire formé il y a environ 540 millions d'années, lorsque l'Afrique de l'Ouest était recouverte d'un immense glacier (inlandsis). Il fait partie des formations géologiques les plus remarquables du Sahara.

Un esker est une longue colline allongée et serpentiforme formée par les dépôts de torrents qui coulaient sous un glacier. Le cordon de Zarga est dit 'méga' car ses dimensions – 50 km de long pour 100 m de hauteur – sont exceptionnelles. Il a été baptisé ainsi par le géologue M. Deynoux en 1980 pour souligner qu'il résulte d'un inlandsis continental et non d'un simple glacier de montagne.

Les corridors et grottes naturels du cordon de Zarga abritent une biodiversité remarquable. Parmi les mammifères, on peut rencontrer le fennec, le chacal doré, le ratel, le chat des sables et des chauves-souris. Parmi les oiseaux nicheurs figurent le grand duc ascalaphe, l'hirondelle de rochers et le faucon lanier. Reptiles et insectes y sont également bien représentés.

Oui, plusieurs eskers et cordons glaciaires comparables existent dans l'Adrar T'mar et au-delà. On peut citer le cordon de l'oued H'Nouk (75 km à l'ouest), l'ensemble Herrour (90 km à l'est), ainsi que des formations dans les Hodh, près de Tichit, et même sur le Hank au nord-est. Toutes témoignent de l'étendue de l'inlandsis précambrien qui recouvrait l'essentiel de l'Afrique de l'Ouest.

L'astroblème d'Aouelloul est un cratère météoritique de 250 à 300 m de diamètre, situé à 12 km au sud-ouest du Guelb er Raoui. Il a été découvert par Pourquié, Gallouédec et Théodore Monod. On y trouve des impactites, des gouttes de roche fondue se présentant sous forme d'un verre gris verdâtre bulleux contenant de la kamacite, un minéral d'origine météoritique.

Le cordon de Zarga se situe dans l'Adrar mauritanien, région accessible depuis Atar, principale ville du massif. Un voyage organisé avec une agence spécialisée comme Détours Mauritanie Voyages est recommandé pour accéder au site en 4x4 et bénéficier d'un accompagnement expert sur la géologie et la faune locale. La meilleure période pour visiter l'Adrar est l'hiver (novembre à mars).

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