Regard à contrechamp, Théodore Monod par Henriette Pallavioux

Regard à contrechamp, Théodore Monod par Henriette Pallavioux

06 nov. 2019

Je l’appelais Théodore, et nous aimions marcher pendant qu’il me racontait le Désert. Nous parlions des dunes qui chantent, des bivouacs dans les cratères du Tibesti, des méharées sous les cieux étoilés ou bien encore des montagnes fantomatiques du Hoggar.

Nous parlions du Désert où le silence mérite hommage. Des vents de sable qui peuvent rendre fous, du courage des hommes au chèche indigo, des femmes maitresses du campement, de la Liberté enfin.

Il était pacifiste convaincu, prêt à lutter pour la paix et la liberté. Contre toutes formes de violence, il était végétarien, défendant la cause animale.

Je lui lisais le journal le matin et le soir. Il me racontait la Princesse de Clèves ou Shakespaere.

Ses quêtes qui paraissaient utopiques était le moteur qui l’entrainait dans de folles équipées à la recherche d’une fleur, ou d’une météorite. 

« Celui qui cueille une fleur, dérange une étoile », disait il.

Il était le dernier naturaliste voyageur, infatigable, ayant accompli des traversées de Désert comme la Majabat Al Koubra, ce désert mauritanien qu’il a ainsi nommé.

 Un des plus beaux témoignages de son humilité est, pour moi, ce passage écrit dans son premier livre Méharées, où il parle de ses hésitations de jeune homme entre deux océans.

« Et je demeure, entre deux océans, celui que je possède et celui que je désire, celui des navires et celui des dromadaires, incertain, indécis, déchiré. »

 

Henriette Pallavioux, novembre 2019

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