Azougui

Avant-propos concernant Azugi et l'entreprise almoravide

Contrairement à ce qui s'écrit (trop) souvent

  • la durée : de 1060 à 1151 , soit presque un siècle, ce qui certes n'est pas négligeable, mais se trouve bien loin des "siècles" souvent évoqués pour l'action almoravide.

  • les conquêtes africaines : elles sont limitées, car si les Almoravides se sont possiblement emparés d'Awdaghost (dépendance de Ghana), leur impact réel sur cette très vaste formation politique reste fort discutable (cf. Conrad et Fischer, _"A conquest that never was"_)…quant aux actions exercées contre la dynastie Idrisside de Fès, elles sont du domaine du rêve, la dynastie ayant disparu à la fin du IXe siècle, bien avant l'avènement almoravide.

  • la forteresse (ribat) : censée avoir été établie sur l'île Tidra (Banc d'Arguin mauritanien) semble bien être une fable. Aucun vestige, même minime, n'existe apparemment sur cette grande île. Les seules "restes" observés sont, soit néolithiques (tombes et campements), soit récents ("citernes" creusées dans un bas-fond par les éleveurs Ahl Barikallah dans les années 1950)…

Ce résumé a été, en très large part, établi à partir des travaux de ABDEL WEDOUD OULD CHEIKH et BERNARD SAISON (1987). Article complet joint.

Les erreurs éventuelles ne sont imputables qu'à B. Lamarche.

Introduction

Le site d'Azûgi , situé a huit kilomètres au Nord-Ouest d'Atar (Mauritanie), sert de trait d'union entre le compagnon d'Abu Bakr, le qadi d'Azugi mort en 489/1095-63 et le personnage que l'on vénère aujourd'hui dans cette localité.

C'est en effet en ce lieu que se serait éteint le faqih (juriste connaisseur de la jurisprudence islamique) d'origine kairouanaise et c'est également ici que sa tombe s'est miraculeusement trouvée "découverte", près de six siècles plus tard, par al-Imam al-majdhûb.

Azugi et l'héritage almoravide

Au milieu du Ve siècle H/XIe siècle ap. J.C. , l'écrivain andalou al-Bakri fait état de l'existence à "Arki" d'une "forteresse…au milieu de 20 000 palmiers… édifiée par Yannu Ibn 'Umar al-Hâj, frère de Yahya Ibn 'Umar …". Cette brève mention est vraisemblablement à l'origine du qualificatif d' « almoravide » qu'en l'absence de toute investigation proprement archéologique, les historiens modernes ont généralement attribué aux ruines apparentes du tell archéologique d'Azugi.

Au siècle suivant, al-Idrisi (1154) localise la "première des stations du Sahara….au pays des Massufa et des Lamta" , étape sur un itinéraire transsaharien joignant Sigilmasa à Silla, Takrur ou Gana, Azuki, ou Kukdam en "langue ginawiyya des Sudan", abrite une population prospère.

Pour brève et à nos yeux trop imprécise qu'elle soit, l'évocation d'al-Idrisi est néanmoins la plus étoffée de celles qui nous sont parvenues des auteurs "médiévaux" de langue arabe.

Aucun écrivain contemporain d'al-Idrisi, ou postérieur, qu'il s'agisse d'al-Zuhri (ap. 1133), d'Ibn Sa'îd et surtout d'Ibn Khaldun - qui n'en prononce même pas le nom dans son récit pourtant complet de l'histoire du mouvement almoravide - ne nous fournit pas d'éléments nouveaux sur Azugi.

A la fin du XVe siècle, au moment où apparaissent les navigateurs portugais sur les côtes sahariennes, al-Qalqashandi et al-Himyari ne mentionnent plus "Azuqi" ou "Azifi" que comme un toponyme parmi d'autres au Bilad al-Sudan…

Les sources écrites arabes des XIe-XVe siècles ne livrent donc sur Azugi que de brèves notices, infiniment moins détaillées et prolixes que celles dont font l'objet, pour la même période et chez ces mêmes auteurs, certaines grandes cités toutes proches, telles Awdagust, Gana, Kawkaw, Niani, Walata, etc…

Faut-il voir dans cette discrétion un témoignage a silentio sur l'affaiblissement matériel d'une agglomération -une ville au sens où l'entendent habituellement les auteurs cités ?- …dont al-Idrisi affirme effectivement qu'elle n'est point une grande ville ?"

C'est pour tenter de répondre à cette question qu'ont été conduits en 1980 et 1981 plusieurs sondages archéologiques sur le tell d'Azugi (cf. B. Saison)

.

L'ensemble des ruines visité et décrit depuis plus d'un siècle par maints voyageurs, administrateurs et savants européens (Capitaine Vincent 1860, R. Chudeau 1910/11, Modat 1915) et plus récemment Th. Monod (1948) et R. Mauny (1955), peut être reparti en trois zones d'inégale importance (voir plan ci-joint):

  1. pages 36/76 et suivantes…
  2. La zone centrale, la plus vaste, forme le tell archéologique propre-…
  3. Le cénotaphe…
  4. La construction de la falaise…

……………

Le site actuel d'Azugi constitue une partie d'une palmeraie continue qui s'étend sur une quinzaine de kilomètres le long de Wad Tayarit.

Jadis, cette palmeraie aurait été essentiellement constituée de "palmiers Bafur" ("ankhal-Bavur") qui ont aujourd'hui totalement disparu au profit de cultivars "modernes" = Phoenix dactylifera (surtout de la variété "ahmar") réputés être d'origine maghrébine, ce "remplacement" étant généralement donné de manière plus ou moins explicite, dans les récits locaux, comme un mouvement qui conduit de la simple cueillette, de la "sauvagerie", à la "civilisation"…

……………..

  1. également article

Le théologien et le somnambule: un épisode récent de l'histoire almoravide en Mauritanie

Abd El Wedoud Ould Cheikh and Bernard Saison

Canadian Journal of African Studies / Revue Canadienne des Études Africaines

Vol. 19, No. 2 (1985), pp. 301-317

Published by: Taylor & Francis, Ltd. on behalf of the Canadian Association of African Studies

DOI: 10.2307/484827

https://www.jstor.org/stable/484827

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