Méharée de Chinguetti au Banc d'Arguin - Récit de Yves et Nickie

Méharée de Chinguetti au Banc d'Arguin - Récit de Yves et Nickie

04 juil. 2010

Novembre 2008 - La Mauritanie est malmenée et blacklister par certaines agences et par le MAE français. Nous ne pouvions pas laisser les choses se dégrader sans réagir. Il nous fallait marquer le coup et mettre en place un grand voyage très singulier. L’idée de traverser la Mauritanie d’est en ouest, comme tous ces grains de sable poussés par les alizés, vain à l’esprit. Emmener une équipe de l’est du pays, au départ de Chinguetti, pour aller fouler les sables à l’extrême-ouest, dans le Banc d’Arguin et stopper la progression lorsque les sandales touchent l’eau de l’océan Atlantique, était, au delà du voyage, une idée forte de symbole.

 

Damien, guide expérimenté Hommes et Montagnes, a eu le plaisir de guider ce voyage en méharée, des confins de l’Adrâr à la péninsule de Saint Jean. 

Notre agence Détours Mauritanie Voyages poursuit la piste que nous avions tous tracés, vous retrouverez maintenant nos grands voyages et aussi tout un éventail de voyages pour découvrir ou vivre avec passion votre expérience saharienne en Mauritanie.

 

Sylvain - Juillet 2019

 

Le récit ci-dessous est narré par Yves et Nickie qui furent du voyage.

 

Voici la jolie formule trouvée par Damien, le guide et le concepteur de ce voyage "Hommes et Montagnes", pour résumer notre périple en Mauritanie.
L’idée de départ est simple : partir de Chinguetti, dans l'Adrar Mauritanien, et rallier le Banc d'Arguin, environ 600 kilomètres plus loin, au bord de l'Atlantique.

 

La carte est interactive : il est possible de zoomer à volonté.
Les marques représentent alternativement les pauses du midi ou les bivouacs du soir.

 

La réalité du parcours est un peu plus complexe dans la mesure où il n'a jamais été réalisé, ni par un groupe de marcheurs, ni même par nos caravaniers qui partent dans l'inconnu : ils ne sont jamais allés jusqu'à la mer et après  seulement deux ou trois jours de marche ils seront en "terra incognita". Ils sont inquiets, non pas pour eux, car ce sont des sahariens endurcis, mais pour leurs méharis : trouverons nous régulièrement les pâturages qui leur sont nécessaires ? Car nous devrons traverser quelques grands ergs avant d’atteindre l’Atlantique !

Outre Damien et le groupe de 13 marcheurs (2 suisses, 3 belges et 8 français), la caravane se compose de 7 mauritaniens (guide, cuisinier et chameliers) et leurs 32 chameaux. Ces derniers sont chargés de porter nos bagages, trois semaines d'eau et de provisions et éventuellement les marcheurs, chacun disposant de sa propre monture. Le guide maure, Mohammed Salem, est expérimenté : son père, qui était le compagnon habituel de Théodore Monod, l’a amené lors des dernières expéditions du grand savant. C’est lui qui a réuni les chameaux et les chameliers nécessaires à notre traversée.

 

Mohammed Salem

 

Le récit qui suit est la simple retranscription des notes que j'ai enregistrées chaque jour sur un petit dictaphone soit pendant la pause du midi, soit le soir dans mon duvet sous les étoiles. Pas de grande littérature donc, juste quelques impressions et anecdotes brutes de décoffrage.

Encore merci à tous les parents, amis et collègues qui, à mon départ en retraite, ont participé au financement de ce voyage et m'ont permis de réaliser ce vieux rêve de caravane !

 

J0 - 22 novembre 2008 :

 

* Voilà, c'est parti !

Je suis dans le TGV qui passe au bout de l'avenue du Mail à Angers, à moins d'un kilomètre de la maison. Le train a pris  une petite demi-heure de retard ce qui ne devrait pas porter à conséquence car j'ai un peu de marge à Orly. Nickie a versé sa petite larme, ce qui ne m'a pas aidé à partir ... mais bon, à moi l'aventure !

 

* Orly, 20 heures 45 : les aléas du voyage continuent puisque l’avion est annoncé avec 40 minutes de retard. J'espère qu'il n'y aura pas de soucis pour la correspondance à Casablanca.

 

 

J1 - 23 novembre 2008 :

 

* Trois heures du matin : nous venons d'atterrir à Nouakchott. Formalités super rapides même si pour les bagages il va sans doute falloir être un peu patients. Ensuite, on tâchera de dormir un peu avant de prendre les 4x4 pour l'oasis de Chinguetti, lieu de départ de notre marche ...

 

* Cinq heures moins le quart : je crois que j'ai parlé un peu trop vite. Après être sorti un des premiers de l'avion, j'ai récupéré mon bagage tout de suite mais par contre un des membres du groupe n'a pas retrouvé son sac. Il règne une joyeuse pagaille dans l’aéroport et on attend, on fait le pied de grue...

 

* Nous voilà dimanche matin, vers huit heures et demie, neuf heures, je viens de prendre mon petit déjeuner.
Résumé de la nuit : nous avons attendu longuement un bagage qui n'est jamais arrivé, donc on a une malheureuse copine qui se retrouve avec son seul petit bagage de cabine. A cinq heures du matin, nous avons traversé Nouakchott. Arrêtés par la police à quelques centaines de mètres de l'hôtel, automitrailleuses et tout ... palabres ... on passe.

On est dans un bel hôtel car Hommes et Montagnes n'a plus de petite auberge disponible ; c'est un peu la crise ici suite aux problèmes d’enlèvements de touristes qu'a connus la Mauritanie. J'ai partagé une fort belle chambre avec le toulousain Jean-Marie. On a dormi trois courtes heures et je suis allé prendre mon petit déjeuner, avec le patron de l'hôtel qui était là en même temps que moi. J'ai eu le malheur de jeter un petit coup d’œil machinal sur la télé qui ronronnait au dessus de nos têtes et il a immédiatement donné l'ordre de monter le son à fond ce qui m'a un peu pourri le petit déjeuner !

 

* En rangeant mon bagage ce matin, je tombe sur un joli petit post-it rose : "Je t'aime, bisous, Nickie". Je le mets dans ma trousse de toilettes pour le voir tous les jours...

 

* Avant de partir pour Chinguetti, nous accompagnons Damien qui va faire des provisions pour notre périple. C'est l'occasion de voir un peu la ville et de visiter le grand marché très animé et dépaysant. Il y a beaucoup de circulation, Nouakchott a vraiment beaucoup changé ces dernières années : des voitures partout, les klaxons, un tintamarre terrible ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le marché de Nouakchott.

 

* 13 heures : à la sortie de Nouakchott. Après avoir franchi le barrage de la douane, nous sommes depuis un quart d'heure à celui de la police. Espérons que la gendarmerie n'est pas postée deux kilomètres plus loin parce qu'on n’est pas arrivés à Atar !

 

Un barrage ...

 

 

* 15 heures 30 : nous voilà, après 300 kilomètres de reg monotone au possible, parvenus en vue d'Akjoujt, seule bourgade entre Nouakchott et Atar. Nous sommes stoppés par unénième contrôle de police. Nous devrions bientôt pouvoir prendre notre déjeuner ...

 

 

 

 

Sur la route ...

 

 

* 16 heures 30 : nous sommes toujours à Akjoujt. Pour le déjeuner, ça a été vite fait vu les ressources locales : une petite boîte de lait et un paquet de gâteaux pour moi, des Pringles pour certains. J'ai partagé mes abricots avant qu'ils ne soient tout secs et pleins de sable. Damien est parti essayer de faire des photocopies car on a passé tellement de barrages que les dix listes de police qu'il avait préparées sont déjà utilisées et s'il doit tout réécrire en entier à chaque fois, on n'est pas rendus !

 

 

 

 

 

Arrêt à Akjoujt.

 

Au passage, on a retrouvé la trace de Ben Laden : il tient un salon de coiffure à Akjoujt !

 

 

* 19 heures 30 : on vient seulement d'arriver à Atar. Une arrivée semi triomphale dans la mesure où on a laissé un de nos 4x4 en panne dans le fonds d'un oued ce qui pose évidemment un petit problème de logistique pour rallier Chinguetti, notre but de ce soir.

On est à l’auberge chez Salima, appartenant à l’agence qui travaille avec Hommes et Montagnes, dans une ambiance bizarre : la nuit est tombée, pas d'électricité dans la ville, pas un touriste car il n'y a plus de charters sur Atar, boutiques fermées ... c'est un peu tristouille.
On va quand même boire un bon petit thé avant de prendre la route pour Chinguetti car on n’est encore pas couchés ce soir !

 

* Minuit : nous sommes arrivés à l'auberge de Chinguetti vers 22 heures. Le temps de poser les bagages, de prendre un bon repas et de faire une rapide toilette, c'est l'heure de se mettre au lit car demain on démarre.

J'ai retrouvé un troisième petit mot d'amour de Nickie. A chaque fois c'est une bonne surprise. Y en a t'il encore d'autres bien cachés ? Vu la taille de mon bagage, je devrais les avoir bientôt tous découverts !

 

 

J2 - 24 novembre 2008 :

 

* Au saut du lit : quelle heure est-il, 6 heures peut-être ?
J'ai passé une bonne partie de la nuit éveillé (couché trop tard ? l'excitation du voyage ?) mais tout va bien. Dans la cour de l'auberge, plusieurs Toyota avec leurs tentes de toit (un autre rêve, pour plus tard). Le coq chante, les petits oiseaux aussi, le soleil se lève sur le cimetière voisin.

 

 

 

 

L'auberge de Chinguetti.

 

* 10 heures : la caravane est presque prête (32 chameaux à charger !). Nous venons de faire un petit tour dans Chinguetti, un peu déprimant car il n'y a plus de touristes donc on ne rencontre que quelques marchands qui nous assaillent en pleurnichant. Et le sable continue inlassablement d'envahir la ville ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chinguetti.

 

Il fait déjà un peu chaud car malgré un ciel voilé le soleil tape. Tous les chameaux blatèrent, mécontents qu'on leur mette de lourdes charges sur le dos, la caravane devrait s'ébranler bientôt...

 

 

 

 

Avant le départ.

 

* Cette fois c'est bien parti. Je suis tout seul en haut d'une dune, derrière une touffe de sbott, pour un petit arrêt technique. J'ai profité du fait que pour la plupart mes compagnons ont décidé de monter leurs chameaux, ce qui a pris pas mal de temps, pour prendre de l'avance. Ils sont loin derrière moi mais les chameaux de bâts sont devant et je les suis à la trace.

 

Dans les dunes ...

 

 

* J'ai oublié de dire que ce matin j'ai retrouvé avec plaisir Mohammed Salem, notre guide caravanier de l'année dernière, puis, juste au départ, l'autre Mohammed, "le cuisinier" qui m'a serré dans ses bras après m'avoir reconnu et c'était sympa de le retrouver après les bons moments passés ensemble l'an passé. Sinon le soleil est souvent voilé ce qui n'est pas plus mal car j'ai pensé, un peu tard que je n'avais pas pris de crème de protection solaire. Donc on va essayer de démarrer tranquillement de ce côté là et il va falloir que je couvre mes bras à la pause du midi.

 

* Suite à mon arrêt pipi, je me retrouve absolument tout seul. Je ne vois plus ni les deux marcheurs qui étaient proches de moi, ni la caravane des bagages devant, ni les chameaux de selle derrière. On marche en bordure de l'erg Ouarane, dans la batha. Parfois je distingue au loin, du sommet d'une dune, le cordon rocheux de Zerga, où nous ferons étape de demain soir, et qui doit se situer à une cinquantaine de kilomètres d'ici environ. Chinguetti a disparu derrière moi. Parfois je vois le haut du pylône de relais télé mais pas plus. Allez, je reprends la route....

 

* 19 heures : la première demi-étape est bouclée. J'ai bien retrouvé les caravaniers pour la pause du midi. Après la sieste, j'ai acheté deux colliers, pour Romy et Juliette probablement, à une femme qui est venue nous rendre visite avec ses pacotilles.

 

La marchande.

 

A la reprise, vu la chaleur, j'ai fait ma première expérience de monte, plutôt bonne même si mon chameau n'est pas toujours obéissant. Quand il a rejoint le groupe de chameaux des maures qui s'étaient arrêtés, il a d’ailleurs pris l'initiative de baraquer un peu sauvagement. J'en ai profité pour descendre car j'avais sérieusement mal aux fesses !

Comme toujours les selles ne sont pas très confortables, ce sont des selles rustiques en bois, et j'ai fini le reste du parcours à pieds.

 

Ma selle maure.

 

On n'a fait avec notre départ tardif qu'une vingtaine de kilomètres mais le cordon de Zerga s'est quand même bien rapproché.

Après un bon thé maure, chacun a trouvé sa chambre à coucher dans un petit coin de dune. Au programme, petite toilette. J'ai enfilé une polaire car le vent a forci et il fait un peu frais. Le soleil a disparu ce qui n'est pas plus mal pour mes bras déjà bien cuivrés...

Damien nous a expliqué le parcours, du moins dans ses grandes lignes puisqu'il dépendra notamment des pâturages que nous rencontrerons pour les chameaux. Pas de pistes tracées, on naviguera au soleil, à la boussole et bien sûr en fonction du terrain. On ne sait donc pas exactement par où on va passer et combien de temps on va mettre pour gagner la mer qui est en principe notre objectif final.

 

* Dernier enregistrement de ce lundi : il est un peu plus de 21 heures, toujours du vent, même dans mon creux de dune, auquel je tente de faire barrage avec la selle de mon chameau et mon sac. Petit à petit les lampes s'éteignent autour de moi. J'aperçois à l'horizon les lueurs de Chinguetti. Je pense que cette fois la nuit va être bonne car j'ai un peu de retard de sommeil !

 

 

J3 - 25 novembre 2008 :

 

* Midi : pas mal de choses à raconter car je n'ai pas eu le temps d'enregistrer depuis hier soir.

Tout d'abord, à peine étions nous couchés que le vent s'est levé et la pluie s'est mise à tomber. Après plusieurs petites averses ça s'est apparemment calmé ... en tout cas je me suis "toumé" dans mon duvet, jusque vers 4 heures je pense, où il a plu de nouveau. De plus, le vent avait complètement tourné, rendant inutiles mes petites installations de la veille. Pas idéal pour une première nuit à la belle étoile !

Tout le monde a finit par se lever bien avant le soleil et ramasser ses affaires plus ou moins humides. Le petit déjeuner a été rapide parce qu'il y avait un vent terrible et qu'on bouffait surtout du sable. Les plus prévoyants d'entre nous ont même mis leurs lunettes de piscine, ce qui n'était pas idiot tant le vent charriait de sable !

 

 

 

 

Au réveil ...

 

On est donc partis dans la foulée pour enchaîner 4 heures 1/2 de marche. A vol d'oiseau, nous avons parcouru péniblement 17 kms seulement, en réalité beaucoup plus car il n'est pas question d'aller tout droit dans les dunes et chacun a sa technique pour trouver les passages les plus favorables.

Pénible, pénible ! Je croyais qu'on n’arriverait jamais. Nous n'étions d'ailleurs que trois marcheurs ce matin, les autres étant montés sur leur méhari ...

Bon, maintenant on est arrivés, le vent s'est bien calmé et il y a par moment du soleil. Mohammed nous a préparé un bon jus de bissap qui va permettre de bien se réhydrater. Je viens de me faire aussi une grande séance d'étirements et mes jambes vont déjà beaucoup mieux. Ceci dit, je ne sais pas si je vais marcher cet après-midi ... pas sûr ... peut-être qu'un petit tour de chameau ... on a déjà fait une grosse étape !

 

Prêts à repartir ...

 

Le cordon de Zerga est maintenant parfaitement visible, à quelques kilomètres.

Sinon, à signaler que mon bagage s'est allégé hier, car quand je me suis arrêté faire une petite vidange près d'un buisson j'ai également bu un coup et j'ai oublié ma gourde. Pas question de retourner la chercher pendant la pause, elle est trop loin ! J'avais une petite bouteille d'eau, quelqu'un m'en a prêté une seconde, ce n'est pas un gros problème.
Par contre j'ai ramassé deux petits "Mokhtar" (Mokhtar est le nom que j'avais attribué à un scarabée ramené de Lybie, malheureusement décédé après quelques mois de vie angevine) au cas où je n'en trouverai pas après. Ce n'est pas ces petits compagnons qui vont alourdir mon sac !

 

* 19 heures : l'étape s'est terminée vers 18 heures dans le cordon de Zerga. Le bivouac est installé presque au bout du cordon, à environ 1 km d'où j’avais campé l'an dernier avec Nickie et le même Mohammed Salem, très exactement là où on avait croisé un immense troupeau de chameaux près d'un cirque rocheux.

 

 

 

 

 

Arrivée au bivouac.

 

On est un peu plus loin dans un oued et je me suis calé selon mon habitude au dos d'une petite dunette.

Je suis avec ma frontale, j'ai pris le thé et fait une petite toilette avec un gant humide, ça fait quand même du bien, et nous attendons l'heure du repas.

Ce midi tout le monde est arrivé bien fatigué, même les "méharistes" finalement. On a donc fait une assez longue sieste. Je suis finalement remonté sur ma bête avec cette fois une selle beaucoup plus confortable et là je crois que je pourrais tenir des heures dessus. Il y en a de deux sortes en fait et les autres c'est vraiment une horreur. Elles doivent apparemment aller pour les petits modules, mais pour moi c'est une cata ! Je commence aussi à mieux connaître ma bestiole que j’ai baptisé Jean-Mouloud : je sens que nous allons faire une bonne équipe tous les deux.

 

 

On s'est bien marrés sur les chameaux et la caravane de 32 chameaux et 21 personnes forme un groupe impressionnant quand on marche tous ensemble.

Les nuages se sont à nouveau accumulés alors qu'on a eut plutôt beau après le coup de tabac de ce matin. J'ai un peu peur que ça recommence cette nuit mais la perspective de monter des tentes n'enchante personne, moi le premier. On tente notre chance, on verra bien ...

 

 

J4 - 26 novembre 2008 :

 

* 7 heures : le jour est levé mais le soleil est toujours derrière la montagne. On s'est levés à 6 heures, après une assez bonne nuit pour ma part, même si l'endormissement est encore un peu difficile à une heure inhabituelle pour moi. Une bonne occasion d'observer les étoiles, innombrables, d'autant qu'il n'a pas plu comme on pouvait le craindre et ce malgré le passage parfois de gros nuages. Ce matin il fait un temps de demoiselles. Nous avons eu un très bon petit déjeuner, sans sable cette fois, l'ambiance est excellente dans le groupe ... et le signal du départ vient d'être donné d'un coup de sifflet autoritaire par Damien... A plus !

 

* 9 heures : le soleil commence à être bien chaud. Nous sommes dans la vaste plaine qui s'étend vers l'ouest après la très haute dune qui constituait le terme de notre voyage l'an passé. Dans cette plaine, il y avait énormément de chameaux l'année dernière mais comme les pluies ont été relativement abondantes sur l'ensemble de la région cette année, les troupeaux ne sont pas là.

 

 

 

 

 

 

 

 

Je pense que j'ai été adoubé par le groupe car ce matin j'ai amené avec un peu de retard mon sac aux chameliers et j'ai entendu dire qu'on allait peut-être me retirer ma médaille ! Ce qui m'a fait comprendre avec plaisir que j'en avais donc obtenu une, et que le groupe "d'anciens" baroudeurs, très soudé par de nombreux voyages précédents, m'avait observé et apparemment jugé digne d'intégrer le club !

 

* Après le repas traditionnel du midi (jus de bissap, salade de légumes, fruit et thé) j'ai fait une bonne sieste à l'ombre d'un acacia. Les deux Mohammed (le guide et le cuisinier) sont venus me rejoindre et se sont vites endormis aussi. Les chameaux sont en cours de chargement pour l'étape de l'après-midi.

Le ciel est entièrement bleu, il fait 30°, un vent très léger : des conditions parfaites pour la marche. Nous avons parcouru 17 kilomètres "GPS vol d’oiseau" ce matin, ça avance plutôt bien.  En milieu de matinée, nous avons un peu grimpé pour passer de l'autre bord du plateau de l'Adrar.

 

 

 

 

 

 

 

Le franchissement du plateau et l'arrivée au bivouac.

 

Seul incident notable : on a failli perdre Eric (notre ami suisse) qui a suivi un nomade en le prenant pour un de nos chameliers, mais on l'a retrouvé assez vite.

 

* Je suis planqué au fond de mon duvet pour le dernier petit message du jour. Il ne doit pas être beaucoup après 20 heures... Le ciel est magnifique, je viens de voir passer une étoile filante et j'ai fait un vœu.

Cet après-midi on a pas mal marché et aussi un peu monté les chameaux sur un grand plateau qui mène vers les oasis du sud de l'Adrar. J'ai pratiqué un peu l'arabe avec Sidi, qui comme les autres chameliers ne parle pas un mot de français.

 

Sidi.

 

J5 - 27 novembre 2008 :

 

* 9 heures 30 : je marche sur le reg. On vient de passer la superbe oasis de Mhaireth qui s'étend le long d'un oued au fond d'un canyon. Nous sommes descendus d'un côté et remontés un peu plus loin de l'autre, dans un paysage magnifique.

Sinon que dire ? La nuit a été assez bonne : endormi vers 22 heures 30, je me suis réveillé alors qu'Orion était juste au dessus de moi (4 heures du mat ?). En fait ce sont les chameaux qui m'ont réveillé par leurs cris et leur agitation car, par manque d'espace confortable, j'étais couché, comme tout le monde, assez près du camp. Les chameliers vont les chercher, parfois assez loin même s'ils sont entravés, et les regroupent très tôt car le chargement des 32 bêtes dure longtemps.

Le temps est magnifique et à cette heure ci il commence à faire bien chaud. Nous venons de faire une petite pause car comme chaque jour nous nous sommes levés à 6 heures pour un départ à la fraîche à 7 heures, le soleil se levant un peu après notre départ. Pas mal de monde sur les chameaux mais je fais partie des 3 ou 4 qui marchent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reg, oasis, dunes ... la totale ce matin !

 

* Je viens de penser que nous sommes jeudi et que dans nos voyages précédents avec Nickie, il ne nous restait plus que deux jours. On commençait, malgré nous, à évoquer le retour. Là, il reste plus de deux semaines, sans compter la perspective de ne pas reprendre le travail le lundi, et c'est bien réjouissant même si on pense souvent à ceux qui sont restés à la maison ! A cette heure-ci, Nickie doit être au collège ...

 

* Midi : Arrêt repas et sieste près d'un abri rocheux sous lequel je trouve pas mal d'éclats de silex. Sans doute un ancien lieu de production de flèches et d'outils. Tout près, quelques peintures rupestres, assez dégradées mais laissant reconnaître une petite vache rouge dessinée au plafond, témoignage émouvant d'un temps où les prairies s'étalaient ici.

Nous avons bien marché encore ce matin mais seulement jusqu'à 11 heures. Nous allons donc reprendre tôt.

 

* Petite journée en fait car nous nous arrêtons à 17 heures, ayant trouvé un excellent pâturage pour les chameaux. Vu les grandes touffes bien vertes de sbott, les chameliers préférent s'arrêter car leur souci principal  est de ménager leurs bêtes, ne sachant pas ce que l'on va trouver plus loin. Nous avons de l'eau et de la nourriture pour les hommes, mais il n'est pas possible d'emporter du fourrage pour toutes les bêtes et pour trois semaines ...

Cet arrêt permet de ranger les sacs à la lumière du jour et de faire un peu toilette.

 

 

 

 

 

 

 

Au bivouac du soir

 

Au fait, aucun recours à la pharmacie depuis le départ. Je n'ai pas d'ampoules avec mes sandales de marche et je pense que je vais les garder le plus souvent, même en terrain caillouteux. Les 7 ou 8 paires de chaussettes qui sont dans mon sac risquent d'y rester.

Petite anecdote au passage : j'ai surpris incidemment la conversation de deux de mes compagnons, l'un disant à l'autre "J'ai fait presque 5.000 kms avec". J'ai compris dans la suite du discours qu'ils comparaient la qualité de leurs chaussures !

Je n'en suis pas là !

Autre anecdote relative cette fois à la caravane : ce soir un des plus anciens chameliers, appelé d'ailleurs le "Chibani" (l’ancien en arabe), a repéré pas très loin de nous un camp de nomades où ne restait que les femmes. Il y est parti accompagné de nombreuses plaisanteries de ses compères. Il n'est pour l'instant pas revenu et nous avons compris que c'était chose assez fréquente que ces "visites" nocturnes. On sait que les moeurs sont assez libres dans ce pays malgré certaines rigidités de l'Islam ...

 

* 21 h 30  ce jeudi soir : je suis dans mon duvet et il y a un petit vent frisquet. J'ai essayé de trouver un rocher  pour m'abriter et j'ai mis mon sac devant ma tête. Nous sommes en vue de l'oued El Abiod que nous allons attaquer demain pour aller jusqu'à la passe de Tifoujar où nous sommes censés récupérer le sac de Graziella qui finalement est bien arrivé à Nouakchott puis à Atar.

 

 

J6 - 28 novembre 2008 :

 

* A l’heure de la sieste : nuit très moyenne car le vent s’est levé et le sable a volé. Heureusement j'avais pris mes précautions hier soir : le sac et le gros rocher m’ont pas mal protégé. Ce qui m'a le plus se gêné c'est le bruit du vent dans les acacias. Bon, couchés vers 21h 30 jusqu'à 6h et demi ce matin ça laisse du temps de sommeil. En plus il y a toujours une petite sieste où l'on peut éventuellement récupérer.

La routine du matin est maintenant bien établie : réveil un peu avant 6h, rangement des affaires, préparation du sac du jour avec la ration d’eau. Les sacs doivent être prêts à charger pour les chameliers avant le petit déjeuner. Départ à sept heures, et là il ne faut pas traîner à regarder le soleil se lever parce que si tu prends 2 minutes de retard tu as bien du mal à rattraper le groupe … je le sais par expérience, ça m’est arrivé !

 

 

 

 

 

 

Après avoir marché près de 2h sur le plateau nous sommes descendus dans l'oued El Abiod par un canyon terminé par une grosse dune d'environ 300 mètres qui domine le village et la palmeraie. Ensuite on a traversé l’oued  où j'ai rencontré 5 petits garçons de Tifoujar qui m'ont accompagné pendant  la traversée. Comme ils apprenaient le français à l'école on a fait des échanges de connaissances : ils m’ont appris un peu d’arabe et moi un peu de français. J'ai pris le groupe en photo et comme toujours ça été un grand succès quand ils ont vu leur image sur l'écran.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après les adieux, on est grimpé par la fameuse passe et après avoir copieusement pataugé dans le sable, nous avons retrouvé le plateau et le sol dur du reg sur lequel nous avons bien avancé. Au total nous aurons fait 4h et demi de marche ce matin.
Après le repas habituel, je me suis installé sous un acacia pour la sieste. Un marchand ambulant est passé avec quelques bricoles : d’où sortent-ils comme ça ? En tous cas, je lui ai acheté un petit collier après les longues palabres réglementaires au cours desquelles il m’a dit s’appeler Mahmoud. Son accroche commerciale ? « Mahmoud écrase les prix » bien sûr !

Le ciel était plutôt gris ce matin et le vent assez fort mais il a chassé les nuages et le soleil réapparaît, la lumière est à nouveau vive.

Je n'ai pas l'intention de faire du chameau aujourd'hui car mes fesses ont été légèrement mises à mal par la monte d’hier et il vaut mieux les laisser reposer.

 

 

 

 

 

 

La passe de Tifoujar.

 

* Après dîner : nous avons mangé un peu plus tard ce soir et je viens de me coucher alors qu’il est presque 22 heures !

Cet après-midi le ciel s’est entièrement dégagé et, comme nous allons vers le sud ouest, nous avons eu le soleil en pleine poire pendant toute la marche. Nous avons parcouru un oued, puis un reg bien caillouteux pendant deux heures et demi à bon train, car beaucoup étaient montés sur leur chameau. Enfin nous sommes redescendus dans un oued d’où l’on aperçoit l’erg Amatlich notre prochain objectif.

Je me suis rasé ce soir et pour la deuxième fois, avec un seul verre d’eau froide pour faire la mousse et le rinçage : pour une barbe de quelques jours, c’est peu et ça gratte dur ! Il parait que demain on pourra trouver un peu d’eau pour se laver un peu mieux.

Graziella a effectivement retrouvé son sac et nous a distribué généreusement de nombreux bonbons et chocolats qui ont amélioré notablement l’ordinaire.

Après un bon repas, petit cours sur les étoiles par Régis, et hop, au lit !

 

 

A bientôt pour la semaine 2 !

 

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