Le peuple Imraguen : l’âme du banc d’Arguin

Le peuple Imraguen : l’âme du banc d’Arguin

Le peuple Imraguen : l’âme du banc d’Arguin

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Minorités Ethniques3 min de lecture

Les Imraguens sont un peuple de pêcheurs mauritaniens vivant depuis des siècles en harmonie avec le banc d’Arguin. Leur mode de vie traditionnel est aujourd’hui menacé par la fragilité de l'écosystème

Les Imraguens sont un peuple de pêcheurs vivant en harmonie avec le banc d’Arguin depuis des siècles. Cette minorité ethnique mène une existence tranquille et atypique, mais aujourd’hui, son patrimoine dépend de la survie du banc !

Le patrimoine des Imraguens

Leurs origines Les Imraguens constituent une minorité ethnique de la Mauritanie, vivant principalement de la pêche sur la côte nord du pays, au banc d’Arguin. Ce peuple était à l’origine des Bafours, avant de se mêler aux Berbères au XIVe siècle et aux tributaires (esclaves) des Maures au XVIIe siècle. Leur tâche était de pêcher le mulet entre octobre et février au banc d’Arguin. La pêche est alors devenue leur mode de vie et le banc d’Arguin leur lieu de vie… leur patrie. Leur mode de vie Cette entité ethnique était essentiellement nomade, se déplaçant le long de la côte et installant leurs campements en fonction des pêches. À partir du XXe siècle, ils se sont peu à peu sédentarisés, devenant bergers lorsque la saison du mulet touchait à sa fin. Les femmes séchaient également une partie des poissons pour la nourriture. Leur technique de pêche Avant les années 30, les Imraguens utilisaient encore exclusivement une technique de pêche très particulière, consistant à siffler pour que les dauphins à bosse (également les dauphins tursiops) s’approchent du rivage, entraînant avec eux les bancs de mulets. Ils n’avaient alors qu’à entrer dans l’eau et jeter leurs filets. Puis, ils rabattent les mulets avec un bâton pour les mener dans les filets. Depuis environ 80 ans cependant, ils se servent également de bateaux à fond plat et à voile latine appelés « lanches », rappelant les îles Canaries.

L’avenir des Imraguens

Vivre en harmonie avec le parc du banc d’Arguin Ce peuple ainsi que leur habitat étaient jadis menacés par la surpêche industrielle et la pêche aux requins. Heureusement, l’État avait créé le parc national du banc d’Arguin dans les années 70 pour protéger cet écosystème d’importance nationale, voire planétaire. Les Imraguens sont peu nombreux : un peu plus d’un millier d’individus ! Ils sont les seuls à avoir le droit de pêcher dans ce sanctuaire de la vie marine, mais de manière traditionnelle et strictement réglementée. Toutefois, ils arrivent à s’en accommoder. S’adapter aux changements À part la pêche, les Imraguens élèvent des camélidés, vendent du poisson en ville et tirent ce qu’ils en peuvent de la brousse. Ils sont aujourd’hui partagés entre quelques villages le long de la côte (entre Nouadhibou et Nouakchott) et habitent dans de fragiles baraques de bois. Leur plus grande difficulté est de s’adapter aux lois imposées dans leur lieu de vie devenue parc national. En exemple, l’ensemble du peuple n’a droit qu’à un nombre infime de véhicules pour éviter la pollution et le pillage. Faire face aux conséquences de l’exploitation du pétrole En plus des restrictions qui s’appliquent au parc et de la fragilité de celui-ci, l’exploitation du pétrole au large de Nouakchott, proche de la limite sud du banc d’Arguin constitue également une menace pour les Imraguens. La zone protégée pourrait être restreinte aux dépens du pétrole, et la conservation de la faune privilégiée aux dépens des hommes. Le patrimoine immatériel de ce peuple pourrait alors disparaître sans davantage d’engagements de la part du Gouvernement.

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Questions fréquentes

Les Imraguens sont une minorité ethnique de Mauritanie, composée d'un peu plus d'un millier de personnes. Descendants des Bafours, ils se sont mélangés aux Berbères et aux Maures au fil des siècles. Ils vivent essentiellement de la pêche traditionnelle sur la côte nord mauritanienne, au niveau du banc d'Arguin.

Les Imraguens habitent dans plusieurs petits villages le long de la côte mauritanienne, entre Nouadhibou au nord et Nouakchott au sud, dans le périmètre du parc national du banc d'Arguin. Ils résident dans des baraques de bois et restent soumis aux règles strictes du parc.

La technique de pêche traditionnelle des Imraguens est unique au monde : ils sifflent pour attirer les dauphins à bosse (et tursiops) qui rabattent les bancs de mulets vers le rivage. Les pêcheurs entrent alors dans l'eau et jettent leurs filets. Depuis les années 1930, ils utilisent également des embarcations à voile latine appelées 'lanches'.

Oui, le parc national du banc d'Arguin a été créé dans les années 1970 par l'État mauritanien pour protéger cet écosystème exceptionnel. Inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO, il est le seul endroit où les Imraguens ont le droit de pêcher, mais uniquement de manière traditionnelle et selon des règles strictes.

Les Imraguens font face à plusieurs menaces : les restrictions imposées par le parc national (limitation des véhicules, interdiction de pêche industrielle), mais aussi l'exploitation pétrolière au large de Nouakchott, proche de la limite sud du banc d'Arguin, qui pourrait réduire la zone protégée et mettre en danger leur mode de vie traditionnel.

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